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Analyse · Circulation

Mesurer la contribution de la communication

Une direction doit pouvoir expliquer ce que la communication apporte aux objectifs de l’entreprise : être considérée sur une expertise, rendre un choix compréhensible, préparer une relation ou soutenir une décision. Cela demande de relier les moyens engagés aux effets recherchés, avec des observations adaptées à chaque public.

Par François Boulard · Mis à jour le · Circulation · 3 min de lecture

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Définir ce qui doit changer pour les publics concernés

Si l’entreprise veut être considérée sur une compétence nouvelle, l’objectif ne peut pas rester une hausse générale de visibilité. Il faut préciser qui doit connaître cette compétence, quelle compréhension lui manque et dans quelles décisions elle pourrait compter. L’évaluation se prépare au même moment que la stratégie, avec les équipes qui connaissent ces publics.

Les principes de Barcelone 4.0, publiés par l’AMEC en 2025, relient l’évaluation aux objectifs, aux parties prenantes et à l’ensemble des canaux pertinents. Ils distinguent les productions, leurs effets et leur contribution plus large. Ce cadre professionnel aide à choisir les questions du bilan ; il ne fournit pas un taux de conversion universel entre visibilité et influence.

Dans un exemple B2B, une entreprise souhaite être reconnue pour sa capacité à assurer la continuité d’une activité. Il devient possible d’examiner la compréhension de cette compétence auprès des décideurs visés, les questions qu’ils posent et l’usage de ses preuves dans leurs comparaisons. Le trafic permet de suivre un moyen ; les autres observations permettent d’examiner l’ambition.

Construire une mesure qui permette une comparaison

La perception d’une compétence peut être examinée par enquête ou entretien, avec une population définie et des questions stables. L’objectif est de comprendre les associations que les publics font avec l’entreprise et les raisons qu’ils donnent. Un recueil auprès de clients existants et un recueil auprès de prospects décrivent des relations différentes ; les réunir sans distinction ferait perdre une information stratégique.

Les données de diffusion gardent leur rôle : publics atteints, coût, fréquence, pages consultées. Leur périmètre et leur mode de collecte doivent permettre de lire les évolutions. Une modification du consentement ou de la campagne peut changer une série sans que la réputation ait évolué de la même façon.

Les résultats chiffrés et les éléments qualitatifs doivent être rapprochés. Un entretien peut expliquer une difficulté sans en mesurer la fréquence. Une enquête peut situer une association sans dire comment elle s’est formée. C’est la combinaison de ces informations qui aide à choisir le travail suivant.

Documenter quelques usages concrets

Une demande qui mentionne un article, une étude reprise dans une présentation ou une question revenue lors de plusieurs rendez-vous fournissent une autre matière. Conservez le document, sa date et le contexte de la reprise lorsque ces informations peuvent être utilisées.

Ces éléments ne valent pas tous la même chose. Une reprise critique peut être intéressante ; un partage automatique peut apporter peu. Le compte rendu doit expliquer ce qui a été utilisé et ce que cela a permis de comprendre, sans additionner des situations différentes comme si elles formaient une seule mesure d’influence.

La collecte peut s’intégrer aux échanges existants avec les équipes commerciales et les responsables de compte. Il n’est pas nécessaire de créer un dispositif lourd : l’important est de retrouver les éléments qui soutiennent le bilan et de ne pas sélectionner uniquement ceux qui sont favorables.

En tirer des choix pour les publications suivantes

Le bilan doit mettre les résultats en regard de l’effort consenti. Une analyse peu consultée peut être utile à un nombre limité de décideurs ; il faut encore savoir si cet usage justifie son coût et si une autre forme le servirait mieux. Une série très visible peut mériter d’être poursuivie pour la notoriété, sans être présentée comme une preuve de préférence commerciale.

Une direction de la communication peut alors proposer un arbitrage : approfondir une preuve, travailler un public insuffisamment atteint, renforcer une relation avec des relais ou arrêter une production dont l’utilité reste faible. La mesure devient une manière de mieux décider des moyens et de la contribution, au lieu de chercher un chiffre qui résumerait à lui seul l’influence.

Je demande, pour chaque ligne du bilan, quelle décision changerait si l’indicateur montait ou baissait. Si personne ne peut répondre, il reste descriptif. On peut le conserver pour le suivi, mais il ne doit pas décider seul des moyens de la période suivante.

François Boulard

Auteur et références

Je travaille sur l’influence corporate et B2B : les positions qu’une entreprise défend, les preuves qui les soutiennent, les personnes qui les portent et la circulation de leurs idées.

Références

Sources et périmètre

  1. AMEC, Barcelona Principles 4.0, 2025 : cadre professionnel d’évaluation, principes 1 à 7.

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